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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 14:25
- Publié dans : Actualité parlementaire

Le groupe socialiste a déposé une proposition de loi sur le Droit de finir sa vie dans la dignité. Débat de société fondamental, qui fait appel à la conscience de chacun, la séance a été exemplaire. Mais la droite a décidé de reporter le vote. C'est, une fois de plus, signe de son mépris de l'opposition et des questions qui préoccupent les Français.

 

 

Le groupe Socialiste a relancé à l’Assemblée nationale un débat essentiel sur le droit de mourir dans la dignité. Ce débat a été porté sur la place publique à l’occasion de quelques affaires dramatiques comme celle de Vincent Humbert ou encore celle de Mme Sébire, atteinte d’une affection incurable devenue pour elle insupportable. Certes la loi de 2005 dite Léonetti a constitué une avancée considérable en permettant aux malades de s’opposer à l’acharnement thérapeutique et en développant les soins palliatifs. Mais la frontière entre laisser mourir et aider à mourir est ténue car chacun sait que des médicaments sédatifs en dose toujours plus importante peuvent entrainer le décès du patient, ce qui est accepté.

La proposition de loi indique bien qu’il convient de développer les soins palliatifs mais arrivé à un certain stade il faut que la personne malade puisse choisir elle-même ce qui sauvegarde au mieux sa dignité. Or la réalité c’est que les médecins se trouvent souvent trop seuls face aux demandes réitérées de malades qui ne supportent plus la prolongation de leurs souffrances.

Selon le texte proposé, si le malade se trouve en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable, elle peut demander à son médecin le bénéfice d’une aide active à mourir. Celui ci doit faire appel à un collège qui vérifie le caractère libre, éclairé et réfléchi de la demande, fait confirmer cette volonté. Le mèdecin qui a apporté l’aide active à mourir doit dans les quatre jours adresser un rapport à une commission régionale de contrôle.

Toute personne majeure peut rédiger pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté des directives anticipées dans lesquelles elle exprime ses souhaits en matière de limitation ou d’arrêt de traitement et désigne la personne de confiance chargée de la représenter le moment venu. Ces directives anticipées sont inscrites sur un registre national tenu par une Commission Nationale .Si la personne concernée en phase terminale d’une affection incurable se trouve hors d’état d’exprimer sa volonté, la personne de confiance saisit le médecin à sa place.

Le débat auquel a donné lieu le texte a été de haute qualité s’agissant d’un sujet sur lequel les députés se sont exprimés en conscience en fonction de leur philosophie propre sur la liberté et la dignité de chacun face à la souffrance et à la mort qui ne sont pas fonction d’une appartenance politique.

Pourtant une fois de plus il a tourné court et a été interrompu car le gouvernement a préféré ne pas procéder au vote pour masquer l’absentéisme des députés UMP. Il est vraiment regrettable que même pour des sujets de société aussi fondamentaux la droite agisse de manière partiale et partisane. Elle démontre ainsi une nouvelle fois que les prétendus droits supplémentaires reconnus aux députés par la réforme de la Constitution sont inexistants.

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