Il y a quelques jours,
je me suis rendue avec Anne Marie Tilloy à l'Eglise Notre Dame des Otages, que je n'avais pas visitée depuis longtemps et dont la rénovation a révélé les beautés oubliées.
Cette église, édifiée en 1938 sur un terrain appartenant aux jésuites, dans le nord de l'arrondissement, présente une architecture caractéristique de cette période, à la fois nette et claire et des œuvres sculpturales fort intéressantes. On remarque notamment une vierge allaitante de Seuraz, ce qui est assez rare, un chemin de croix dû à un certain Mazetier et également une statue de Sainte Thérèse située à hauteur d'homme, chose rare également.
La statue a été réalisée par Yvonne Parillaud, artiste protestante qui a fini par se convertir au catholicisme, peut-être sous l'influence de cette œuvre. Au total, cette église entourée de petits jardinets ouvriers du début du siècle, à côté d'une des premiers immeubles communautaires du quartier, dégage une étonnante atmosphère de sérénité quasi provinciale.
Or, force est de se souvenir des conditions tragiques qui ont marqué sa naissance et qui sont rappelées par les portes récupérées à la prison de la Roquette. En effet, cette église a été construite par les jésuites pour rappeler le drame des otages exécutés à cet endroit au plus fort des troubles de la Commune en mai 1871. On sait comment les communards eux-mêmes ont été pour beaucoup dramatiquement exécutés ensuite au Père Lachaise, puis pour nombre d'autres jugés et déportés en Nouvelle Calédonie. La plaque apposée dans l'espace vert situé à côté porte l'inscription suivante : « Gardons le souvenir de ces drames, non pour perpétuer des haines mais pour œuvrer à la paix parmi les hommes ».
C'est cette phrase pleine de sagesse qu'il faut garder à l'esprit en visitant ces lieux.



